C’est une réponse concrète à une précarité trop longtemps restée dans l’angle mort des politiques universitaires. Le 25 mars, la Direction générale du Centre national des œuvres universitaires (CNOU) a annoncé l’attribution exclusive de 120 places en cité à l’Université Omar Bongo (UOB) pour les étudiants vivant avec un handicap.
Un « parcours d’obstacles » au quotidien sur le campus de l’UOB, la réalité des étudiants en situation de handicap est loin d’être reluisante. Entre infrastructures inadaptées, escaliers infranchissables et manque criant de logements, étudier relève souvent du défi logistique. Face à l’augmentation constante des effectifs, la pression sur les capacités d’accueil limitées rendait la situation critique. En allant à la rencontre des concernés sur le terrain, la Directrice générale du CNOU, Zohra Kassa-Nzigou, a pu mesurer l’urgence de ces difficultés souvent ignorées.

Au-delà du quota de 120 lits réservés au étudiant en état de handicap, le CNOU a également décidé d’assouplir les procédures. Pour corriger les inégalités d’accès aux démarches administratives, un délai supplémentaire a été accordé : les étudiants n’ayant pas encore déposé leur dossier de logement ont désormais jusqu’au vendredi 27 mars à 14 heures pour se manifester.
Si ce geste est jugé salutaire par la communauté universitaire, il ne règle pas tout. L’attribution de ces lits soulève une question de fond : celle de l’accessibilité globale et de l’inclusion réelle dans l’enseignement supérieur gabonais. En posant cet acte, le CNOU ouvre une brèche nécessaire dans la gestion des œuvres universitaires. Reste à savoir si cette dynamique sera pérennisée et étendue à l’ensemble des infrastructures du pays.