Pour briser les tabous entourant l’épilepsie et optimiser le parcours de soins, le service de neurologie du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL) s’impose désormais comme la structure de référence nationale. Entre expertise médicale et prise en charge financière, le pays muscle son dispositif.
Sortir l’épilepsie de l’ombre des croyances populaires pour l’amener sur le terrain de la science. C’est l’ambition portée par le Dr Annick Sounda, neurologue-épileptologue au CHUL. Lors d’un entretien accordé à Gabon Media Time, la spécialiste a réaffirmé le rôle central du service de neurologie dans la prise en charge de cette pathologie chronique.
Sous la houlette du Professeur titulaire Kouna Ndouongo Philomène, cette unité spécialisée concentre l’essentiel des forces vives du pays. Sur les six neurologues-épileptologues que compte le Gabon, la majorité officie au sein du CHUL. Cette concentration de compétences vise à offrir un diagnostic de précision et à détourner les familles des « solutions » informelles, souvent inadaptées, voire dangereuses.
Le verrou financier levé par la CNAMGS
Si le coût des soins constitue souvent un frein pour les maladies chroniques, l’obstacle semble ici levé. Le Dr Sounda se veut rassurante : l’appui de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) permet une couverture quasi intégrale. « La majorité des médicaments antiépileptiques ainsi que les examens complémentaires indispensables au suivi sont pris en charge », précise-t-elle. Une bouffée d’oxygène pour les ménages gabonais.
L’observance, la clé de la guérison
La science fait sa part, mais le patient doit faire la sienne. Si 70 % des cas peuvent être contrôlés efficacement, le succès repose sur une « discipline de fer ».
« Le suivi régulier et quotidien du traitement est de rigueur. Une interruption expose immédiatement le patient à une récurrence des crises », prévient la spécialiste.
En clarifiant ce parcours de soins, le corps médical espère instaurer un nouveau réflexe chez les patients : privilégier le cadre sécurisant du CHUL pour stabiliser la maladie et, enfin, retrouver une qualité de vie normale.