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Gabon : La marche de la discorde contre la Fégafoot étouffée par la police à Libreville

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Ce vendredi 3 avril 2026, les Forces de police nationale ont dispersé une manifestation d’acteurs du football gabonais opposés à la candidature de Pierre-Alain Mounguengui. Entre vice de procédure invoqué par l’Intérieur et accusations de « manigances » électorales, le climat se crispe à l’approche du scrutin.

Le rendez-vous était pris, mais le déploiement sécuritaire a eu le dernier mot. Prévue pour dénoncer une gouvernance jugée « dépassée et illégale » au sommet de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot), la marche pacifique de ce vendredi a tourné court. Dès les premières heures, un imposant dispositif policier a quadrillé les points de rassemblement, rendant toute progression impossible.

Les forces de l'ordre ont empêché la marche.
Les forces de l’ordre ont empêché la marche.

Le ministère de l’Intérieur justifie cette intervention par l’absence d’autorisation officielle. Un argument balayé par les organisateurs qui invoquent le principe du « silence administratif » : sans réponse 72 heures après le dépôt de leur déclaration, l’accord est, selon eux, tacite. Face au risque d’affrontement, les leaders du mouvement ont finalement appelé à la dispersion pour préserver le calme.

« Manigances » et éthique sportive

Dans les rangs de la contestation, l’amertume est palpable. Alex Nguema Edou, dont la candidature à la présidence a été écartée, ne décolère pas. Il dénonce des « manigances » visant à verrouiller le processus électoral et appelle les autorités publiques à une clarification immédiate. « On assiste à une manipulation flagrante pour maintenir un système à bout de souffle », fustige-t-il.

Un cri d’alarme rejoint par d’anciennes gloires et figures du milieu, à l’instar de Rémy Ebanega et Parfait Ndong. Pour ces derniers, le combat dépasse les simples clivages de personnes : il s’agit de l’éthique du sport roi et de l’avenir d’une jeunesse gabonaise en quête de modèles transparents.

A quelques jours du vote, si le processus électoral suit officiellement son cours, la tension, elle, reste à son comble. Le ballon rond gabonais semble plus que jamais se jouer sur le terrain glissant de la politique et du droit.

Pierre-Alain Mounguengui : Un règne de 12 ans en quête d’un 4ème mandat

L’actuel président de la Fédération gabonaise de football  n’en est pas à son premier tour de force. Arrivé à la tête de l’institution en 2014, Pierre-Alain Mounguengui a déjà effectué trois mandats consécutifs, marqués par des fortunes diverses pour les Panthères du Gabon et le football local.

Une longévité record. Réélu en 2018 puis en 2022, sa candidature pour un quatrième mandat en 2026 cristallise les tensions. Ses détracteurs dénoncent une « sclérose » de la gouvernance et une modification des textes qui favoriserait son maintien au pouvoir.

L’épisode judiciaire. Son parcours récent a été marqué par un séjour en détention préventive en 2022, dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de pédophilie dans le football gabonais (une affaire dont il a toujours clamé son innocence).

Le vent de la libération. Depuis le coup de libération d’août 2023, de nombreux acteurs sportifs appellent à une régénération du football gabonais, estimant que le renouveau du pays doit aussi passer par un changement radical de têtes et de méthodes au sein de la fédération.

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