Pour pallier les carences critiques en services de base, la Banque mondiale vient de débloquer une enveloppe de 150 millions de dollars. Cet important financement vise à transformer le quotidien de plus d’un demi-million de Gabonais, particulièrement dans des zones rurales encore largement délaissées.
C’est un souffle d’oxygène pour le secteur des services publics gabonais. La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), branche de la Banque mondiale, a officialisé, le 5 février, l’octroi d’un prêt de 150 millions de dollars (environ 90 milliards de FCFA) à l’État gabonais. Cet appui financier est destiné au lancement du Projet d’accès aux services de base et d’amélioration des performances (PASBAP).
Urgence sociale et fracture territoriale
Si le Gabon affiche des ambitions de développement fortes, la réalité du terrain reste marquée par une fracture profonde. Les chiffres publiés par l’institution financière sont sans appel : en zone rurale, seul un habitant sur deux (55 %) a accès à l’eau potable, et moins d’un tiers (29 %) dispose de l’électricité.
Au-delà de l’accès, c’est la qualité et la fiabilité du service qui font défaut, sans oublier l’absence quasi totale d’infrastructures d’assainissement, un vecteur majeur de maladies hydriques et de pollution environnementale.
Modernisation et résilience climatique
Le PASBAP ne se contente pas de « réparer », il vise une refonte structurelle. Selon les termes de l’accord, les fonds serviront à : étendre les réseaux d’eau et d’électricité pour toucher 535 000 bénéficiaires. Moderniser les infrastructures existantes pour les rendre plus résilientes face aux aléas climatiques. Réformer la gouvernance des sociétés distributrices pour optimiser leur gestion et leur performance technique.
Un levier pour la croissance
Pour Cheick Fantamady Kanté, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Gabon, cet investissement est stratégique. Il ne s’agit pas seulement de confort domestique, mais d’un impératif économique. « Améliorer l’accès aux services de base est indispensable pour renforcer le développement humain et soutenir une croissance économique plus juste », a-t-il souligné.
Alors que le pays fait face à une demande énergétique croissante, le succès de ce projet sera scruté de près par les populations qui espèrent, enfin, la fin des délestages et des pénuries d’eau à répétition.

