En partenariat avec le ministère des Transports, l’entreprise Eco Service Gabon a lancé une session de formation intensive au permis G. Ce programme, qui mêle théorie et pratique, vise à doter la jeunesse gabonaise de compétences certifiées dans la conduite d’engins lourds, un secteur en forte tension de main-d’œuvre.
Face au défi de l’employabilité, l’heure est à la spécialisation technique. Le ministère des Transports et le cabinet Eco Service Gabon ont officiellement lancé une formation dédiée à l’obtention du permis G. Sur le terrain, l’initiative se traduit par un encadrement rigoureux où les apprenants manipulent des pelles hydrauliques, tractopelles et autres chargeurs sous la supervision d’experts.
Pour Azaphe Salomon Ndzoundomu, Directeur général d’Eco Service Gabon, cette initiative dépasse le simple cadre pédagogique. Elle s’inscrit dans une vision stratégique visant à former 1 500 jeunes d’ici 2030. L’objectif est de valoriser des métiers techniques souvent délaissés, mais essentiels au développement des infrastructures nationales.

Le suivi institutionnel est assuré par des agents du ministère, à l’instar de Luther Minla, qui rappelle que cette démarche répond aux orientations des plus hautes autorités en faveur de la formation professionnelle comme rempart au chômage.
Un secteur qui se féminise
L’intérêt suscité par ce programme est national. Matthieu Meyo Sima, venu spécialement d’Oyem, y voit une opportunité d’insertion directe dans le monde du travail. Le projet marque également un tournant social. Nancy Eyang, l’une des bénéficiaires, témoigne de la percée des femmes dans ce domaine traditionnellement masculin, prouvant que la conduite d’engins lourds n’est plus une exclusivité masculine.

Bien que cette formation représente un investissement (avec des frais de formation s’élevant à 550 000 FCFA pour les sessions classiques), des facilités de paiement et des promotions ponctuelles sont mises en place pour élargir l’accès à ce certificat agréé.
Où travailler avec un permis G ?
Le permis G autorise la conduite d’engins de travaux publics, de manutention et de génie civil. Au Gabon, les détenteurs de ce précieux sésame sont particulièrement recherchés dans quatre secteurs clés. Dans le secteur des BTP et Infrastructures : avec les chantiers de réhabilitation routière et de construction de bâtiments publics, les conducteurs de pelles hydrauliques, de bulldozers et de niveleuses sont indispensables.
Le secteur minier : dans les zones d’extraction (Moanda, Bakoumba, Belinga), les compagnies minières recrutent massivement des opérateurs pour la manipulation d’engins de grand tonnage et de dumpers.
Exploitation forestière : les entreprises du secteur bois ont un besoin constant de conducteurs de tracteurs forestiers et de chargeuses pour le débardage et le chargement des grumes sur les sites forestiers et les zones de stockage.
Logistique et portuaire : au niveau des ports (Owendo, Port-Gentil), le permis G est requis pour manœuvrer les chariots élévateurs de forte capacité et les grues mobiles utilisés pour le transbordement des conteneurs.
A noter qu’un conducteur d’engins qualifié bénéficie souvent d’une rémunération plus attractive qu’un chauffeur de poids lourd classique, en raison de la technicité et des responsabilités liées à la manipulation de machines coûteuses.


