L’ancien candidat à l’élection présidentielle s’est exprimé le 27 janvier pour partager son analyse de la situation du pays, soulignant les défis sociaux et politiques auxquels les autorités font face.
Le professeur Albert Ondo Ossa a dressé un constat nuancé mais inquiet de la situation sociale actuelle. Dans une allocution détaillée, il a pointé du doigt les tensions qui traversent le pays, particulièrement dans le secteur de l’enseignement. « Notre pays, le Gabon, est aujourd’hui secoué par une grave crise politique, économique et sociale qui frappe depuis plus d’un mois le secteur de l’éducation », a-t-il déclaré.
Il a également fait part de ses craintes quant à une possible extension de ces mouvements sociaux à d’autres secteurs stratégiques, tels que la santé ou le pétrole. Selon l’universitaire, les réponses apportées jusqu’ici par les autorités s’apparentent davantage à des « arguties », des « intimidations » ou à la « corruption des leaders syndicaux ».
Une crise de valeurs au cœur du système éducatif
Au-delà des revendications sectorielles, l’ancien candidat voit dans la crise de l’éducation le reflet d’un déséquilibre plus profond au sein de la société gabonaise. Il estime que le malaise des enseignants dénonce avant tout « une mauvaise structuration de la société au profit des non-méritants, des paresseux, des parvenus ».
Regrettant la perte de prestige de certains corps de métier, il a critiqué un fonctionnement qu’il juge encore trop marqué par le favoritisme envers les « parents, copains et coquins ». Pour lui, « le pouvoir puchiste, excroissance et ou prolongement du système Bongo-PDG » peine à apporter des réponses structurelles aux attentes de la population.
Des tensions politiques persistantes
Sur le plan politique, Albert Ondo Ossa a fermement rejeté les accusations de déstabilisation qui ont pu être portées contre lui. Qualifiant de « ridicule » et de « rocambolesque » l’idée d’une quelconque intelligence avec des intérêts étrangers, il a dénoncé des méthodes qu’il juge inappropriées. « Le pouvoir des putschistes a, avec un tel dossier, un grave problème puisqu’il a envoyé des barbouzes en France pour tenter de me compromettre et de m’éliminer par empoisonnement », a-t-il soutenu, affirmant que de telles pratiques nuisent à l’image du Gabon à l’international.
L’opposant a réitéré son souhait de voir s’opérer une transformation profonde des institutions nationales, tout en notant que les partenaires internationaux suivent de près l’évolution du pays. Il a clos son intervention par une réflexion sur la vigilance nécessaire au sommet de l’État : « L’ennemi à redouter n’est pas celui contre qui on se bat, mais plutôt celui qui profite des dégâts ». Un message qui invite les décideurs à une analyse prudente de leur entourage.

