Réunis dans la capitale gabonaise, les commissaires de la CEEAC ont lancé leur première retraite stratégique, un moment présenté comme fondateur pour la deuxième mandature et destiné à poser les bases d’une action régionale plus ambitieuse.
La capitale gabonaise a servi, ce lundi 9 mars, de cadre à l’ouverture des travaux de la première retraite du collège des commissaires de la deuxième mandature de la Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC).
Cette rencontre stratégique s’est tenue en présence de l’ensemble des commissaires, des personnels à mandat, du Secrétaire Général ad intérim, du Directeur de Cabinet, des conseillers, de plusieurs directeurs et chefs de service, ainsi que de certains agents et fonctionnaires de la Commission de la CEEAC.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Président de la Commission de la CEEAC, Son Excellence l’Ambassadeur Dr Ezechiel Nibigira. A cette occasion, il a prononcé une allocution inaugurale qui s’est rapidement imposée comme un véritable cap stratégique pour la nouvelle équipe dirigeante.
Dans une intervention aux accents de feuille de route, le Président de la Commission a souligné la portée particulière de cette rencontre qui, selon lui, « marque un véritable point de départ de notre action collective ». Pour l’Ambassadeur Dr Ezechiel Nibigira, cette mandature ne doit pas être jugée uniquement à l’aune de sa durée, mais surtout à travers l’ampleur des transformations qu’elle sera capable d’impulser.

Évoquant la nécessité d’un changement structurel dans la région, il a exhorté les participants, et au-delà les populations d’Afrique centrale, à miser sur la transformation locale des abondantes ressources naturelles de la sous-région afin de consolider la position stratégique de l’Afrique centrale au cœur du continent. Car, a-t-il rappelé avec insistance, « les ressources et les potentialités seules, ne créent pas la prospérité et le développement. »
Intégration régionale et transformation économique au cœur des priorités
Dans la suite de son propos, le Président de la Commission de la CEEAC a dressé un tableau sans détour des défis qui se posent à la région. Parmi ceux-ci figurent notamment l’insécurité persistante dans certaines zones, le déficit d’infrastructures, la fragmentation des marchés, la faible diversification des économies nationales ainsi que les attentes sociales particulièrement élevées des populations.
Face à ces multiples défis, l’ambassadeur Dr Ezechiel Nibigira a insisté sur une réponse centrale : l’accélération de l’intégration régionale. Celle-ci constitue, selon lui, la voie la plus efficace pour atteindre des résultats concrets aussi bien dans les domaines sécuritaire, économique et infrastructurel que dans la mise en œuvre des politiques communautaires, la mobilité des populations et la construction d’une prospérité partagée.
Le Président de la Commission a par ailleurs exprimé le souhait de voir la Commission de la CEEAC évoluer vers une institution stratège, capable d’impulser des dynamiques régionales, de coordonner les actions et, surtout, de produire des résultats tangibles. Une exigence dont dépend, a-t-il souligné, la crédibilité même de l’organisation.
Dans cette perspective, il a plaidé pour l’instauration d’une véritable culture de la performance, une mobilisation accrue des ressources et un renforcement des partenariats techniques et financiers, notamment avec le secteur privé.
L’Ambassadeur Dr Ezechiel Nibigira a également appelé les participants à s’engager pleinement dans les réformes et les transformations attendues au sein de l’organisation, rappelant que l’homme et la femme restent au cœur de toute transformation institutionnelle.
Au cours de son intervention, il a aussi précisé les priorités assignées à cette retraite. Celle-ci vise notamment à permettre aux nouveaux commissaires de mieux s’approprier l’histoire, les missions et l’architecture institutionnelle de la CEEAC. Elle doit également favoriser une évaluation lucide de la première mandature, à travers l’examen du bilan du PSIMT 2021–2025 et une analyse stratégique de l’institution.
L’un des enjeux majeurs de ces travaux demeure par ailleurs la préparation de l’avenir, avec la construction des bases stratégiques de la prochaine étape de l’organisation, notamment la finalisation de la Vision 2050 et du Plan Stratégique Indicatif à Moyen Terme 2026–2030.
Au-delà de la production de documents de référence, cette retraite poursuit un objectif plus fondamental : forger une équipe soudée, capable d’agir, de décider et de transformer l’organisation.
En conclusion, l’Ambassadeur Dr. Ezechiel Nibigira a exprimé sa confiance dans la capacité des participants à mettre à profit leurs compétences, leur expérience et leur énergie afin d’ouvrir une nouvelle étape dans l’édification d’une Afrique centrale plus unie, mieux connectée, plus stable et plus prospère.
Au terme de ces travaux stratégiques, les commissaires de la CEEAC devront démontrer que cette nouvelle mandature ne sera pas seulement une transition institutionnelle, mais bien le point de départ d’une dynamique capable de transformer durablement l’intégration et le développement de l’Afrique centrale.


