Dans ce quartier populaire de la commune d’Owendo, l’eau courante a déserté les foyers. Pour survivre, les habitants creusent des puits de fortune au mépris des risques sanitaires. Entre promesses non tenues et peur des maladies, le quotidien des populations est devenu un combat pour un droit fondamental.
À Alénakiri Pavé, les robinets ne sont plus que des éléments de décoration. Depuis trop longtemps, les populations vivent sans eau courante, une situation qui dépasse l’entendement et épuise la capacité d’indignation des résidents. Face à cette pénurie persistante, les ménages se tournent vers l’ultime recours : le puits.
Ces solutions de fortune, creusées à la hâte dans les cours des concessions, représentent un danger immédiat. Souvent situés à quelques mètres seulement des fosses septiques, ces points d’eau sont de véritables bombes sanitaires à retardement. L’eau extraite, ni contrôlée ni traitée, est pourtant utilisée pour tout : la toilette, la cuisine et même la consommation.
Le risque de maladies hydriques plane sur chaque foyer. « Nous sommes abandonnés à notre sort », confie une habitante sous couvert d’anonymat. Un cri du cœur qui résume le sentiment de délaissement d’un quartier à bout de souffle.
Le poids des promesses
Les autorités avaient pourtant promis un changement. Mais sur le terrain, les actes peinent à suivre les discours. Si l’argument des « difficultés héritées du passé » a longtemps servi d’explication, il ne convainc plus personne. Depuis le 30 août 2023, le vent d’espoir qui souffle sur le Gabon tarde à rafraîchir les gosiers d’Owendo. Près de deux ans après, la question reste la même, lancinante : « Jusqu’à quand va durer ce calvaire ? »
L’accès à l’eau potable n’est ni un luxe, ni une faveur, mais un droit humain fondamental. À Alénakiri Pavé, on ne demande pas l’impossible, simplement l’accès à une eau propre et durable. Au-delà de l’enjeu local, c’est toute la crédibilité de l’action publique qui est ici mise à l’épreuve.
Le cas d’Alénakiri Pavé n’est malheureusement pas isolé. Il est le miroir d’un malaise plus profond : celui d’un État dont les populations attendent encore qu’il réponde aux besoins les plus essentiels.


