Au lendemain de l’élimination prématurée des Panthères à la Coupe d’Afrique des nations 2025, le gouvernement gabonais a annoncé une série de mesures fortes pour sanctionner ce qu’il considère comme un échec sportif majeur. L’équipe nationale est suspendue jusqu’à nouvel ordre, le staff technique dirigé par le sélectionneur Thierry Mouyouma est dissous, et deux figures emblématiques du football gabonais, Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga, sont mises à l’écart.
Engagé avec de grandes ambitions dans cette CAN 2025, le Gabon a quitté la compétition dès le premier tour après des prestations largement jugées en deçà des attentes. Cette élimination précoce a provoqué une vive réaction au sommet de l’État, dans un contexte de critiques croissantes sur la gestion du football national et l’efficacité des moyens engagés.
Dans un communiqué officiel, les autorités justifient ces décisions par des contre-performances répétées, des dysfonctionnements organisationnels et un manque d’engagement collectif incompatible avec les exigences du haut niveau. La suspension de l’équipe nationale, mesure exceptionnelle, vise à marquer une rupture et à ouvrir une nouvelle phase de reconstruction.
Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga, capitaines historiques et symboles de la sélection depuis plus d’une décennie, incarnent une ère que les autorités souhaitent désormais dépasser au profit d’un nouveau projet sportif.
Une crise plus profonde que les résultats
Toutefois, pour une partie des observateurs, des acteurs du football et de l’opinion publique, la débâcle des Panthères ne saurait être imputée uniquement aux joueurs et au staff technique. Selon cette lecture, l’échec est avant tout structurel et révèle des maux anciens : instabilité chronique à la tête des instances, absence de vision sportive cohérente, faiblesse du championnat local, déficit de formation et conditions de préparation souvent jugées insuffisantes.
Certains estiment que les sanctions annoncées risquent de masquer les responsabilités institutionnelles et de reproduire un schéma déjà observé par le passé, où les hommes changent sans que le système ne soit véritablement réformé. Dans cette perspective, la suspension de l’équipe nationale apparaît moins comme une solution durable que comme un électrochoc politique, dont l’efficacité dépendra de la capacité des autorités à engager des réformes en profondeur et à restaurer la confiance entre les différentes parties prenantes.
Au-delà des sanctions, le gouvernement annonce une refondation globale du football gabonais, axée sur la formation, la structuration des compétitions locales et l’amélioration de la gouvernance. En attendant la relance de la sélection, ces décisions ouvrent un débat national sur l’avenir des Panthères et sur la nécessité d’un projet sportif stable, crédible et partagé, condition essentielle pour permettre au Gabon de retrouver sa place sur la scène africaine.



