Le gouvernement veut remettre de l’ordre dans le foncier. Le ministre du Logement, de l’habitat, de l’urbanisme et du cadastre, Mays Mouissi, a réuni les responsables clés du secteur le 19 janvier pour préparer le lancement de la Régulation foncière de masse (RFM), une opération voulue par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.
L’ambiance de travail autour de la table ne laissait aucune place aux discours superflus. Face aux responsables de l’ANUTTC, de la Conservation foncière et de la Société nationale immobilière, le ministre a d’emblée fixé les règles du jeu. Le débat s’est concentré sur des points névralgiques tels que le coût définitif du titre foncier, les modalités de paiement pour les citoyens ainsi que le socle juridique de l’opération. Le ministre a d’ailleurs martelé l’importance de cette initiative. Il s’agit désormais de sécuriser les parcelles, de mettre fin à l’informel et d’assainir un secteur trop souvent gangrené par les lenteurs administratives et les conflits de voisinage.

Au-delà de l’aspect technique, l’enjeu fondamental demeure la restauration de la confiance des citoyens envers l’action publique. Pour atteindre cet objectif, Mays Mouissi a tracé une ligne directrice axée sur la transparence absolue et la traçabilité des titres délivrés. Il a insisté sur la nécessité de maintenir des coûts maîtrisés pour ne pas exclure les ménages les plus modestes. Selon l’orientation donnée par le membre du gouvernement, la procédure devra être simple, lisible et accessible, loin des circuits opaques qui ont plombé les précédentes tentatives. Cette exigence de clarté est perçue comme la condition sine qua non pour rompre avec les pratiques passées.

Cette réunion de cadrage n’a sans doute pas encore épuisé tous les dossiers techniques, mais elle marque un tournant psychologique et administratif majeur. La régulation foncière de masse quitte enfin le registre des intentions pour entrer dans celui de l’exécution. Alors que les modalités pratiques s’affinent, c’est désormais sur le terrain, au plus près des attentes des populations, que l’action de l’État sera jugée.
