Dans une lettre au vitriol adressée aux députés, Fiacre Mpako Ngoma, élu du 2ᵉ siège de la Zadié (Mekambo), appelle ses collègues à rejeter fermement la taxe forfaitaire d’habitation (TFH) et menace de mobiliser la rue.
Depuis l’annonce de la TFH par le dernier Conseil des ministres, le débat s’est enflammé dans le pays. Dans un courrier au ton grave, le député dénonce vertement cette mesure, la qualifiant d’« injuste » et d’« œuvre de ceux qui n’ont jamais vécu la réalité du peuple gabonais ». Pour lui, cette taxe n’a rien de social et s’inscrit à rebours des aspirations des familles déjà fragilisées par des années de précarité.
L’élu affirme que cette charge serait imposée par ceux qui, paradoxalement, n’en subiraient jamais les effets. Il pointe du doigt les anciens dignitaires, milliardaires, responsables politiques et familles influentes, dont aucune ne réside dans les quartiers populaires comme la Sablière. Pourtant, dit-il, ce sont les populations les plus modestes, le « peuple Makaya » (habitants des zones populaires), à qui l’on demanderait de payer les mêmes 1000 francs que les plus nantis. Une aberration que le député juge profondément inéquitable.
Fiacre Mpako Ngoma interroge avec force : « De qui se moque-t-on ? » Pourquoi faire peser une charge supplémentaire sur ceux qui ne possèdent presque rien, tandis que ceux qui ont tout seraient épargnés ? Face à cette situation, il annonce une position irrévocable : le bloc des Députés Makaya votera contre le texte. Et il va plus loin, menaçant explicitement de descendre dans la rue « avec le peuple » pour dire stop à ce qu’il considère comme une injustice flagrante.
Il faut rappeler que ce texte avait été initialement approuvé par les députés nommés durant la Transition. Désormais, il revient aux députés élus de réexaminer cette taxe qui divise profondément la société. Les débats s’annoncent explosifs à l’Assemblée nationale, tandis que les populations, anxieuses et attentives, ont désormais les yeux fixés sur le Parlement.


