La libération provisoire des deux leaders syndicaux, actée ce lundi 26 janvier, marque un tournant décisif dans la crise qui secoue le secteur de l’enseignement et ouvre la voie à un dénouement imminent des négociations avec le gouvernement.
L’étau se desserre enfin sur le front social. Après cinq jours d’incarcération à la prison centrale de Libreville, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo ont recouvré la liberté en début de soirée. Ce dénouement fait suite à une demande de mise en liberté provisoire introduite par leur conseil, le Bâtonnier Raymond Obame Sima, et acceptée par le juge d’instruction. Cette décision intervient alors que le dialogue entre le gouvernement et la coalition SOS Éducation a repris de plus belle sous l’égide du Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, entouré des ministres des secteurs concernés pour examiner le protocole d’accord proposé par l’Exécutif.
La nouvelle de cette sortie de prison a été rapidement relayée par l’ONG SOS Prisonniers Gabon, qui suivait de près la situation des deux figures syndicales. L’organisation a notamment partagé les premiers mots de l’un des concernés, rapportant que Marcel Libama a déclaré au téléphone : « Je viens d’arriver à la maison. Je n’ai pas encore mon téléphone sur moi ». Pour l’ONG, ce dénouement est hautement symbolique. « Cette libération est la preuve que la mobilisation citoyenne porte ses fruits », a affirmé l’organisation dans un communiqué, tout en ajoutant que cela « renforce notre conviction que l’indépendance de la justice n’est pas une utopie ».
Désormais, tous les verrous qui entravaient la reprise du dialogue semblent avoir sauté. Il va sans dire que ce déblocage est le fruit d’un travail de diplomatie souterraine mené par le médiateur Gaspard Ntoutoume Ayi. Ce dernier a su forcer le respect des grévistes par des propositions concrètes lors de son intervention remarquée à l’assemblée générale du 24 janvier. Au regard de l’avancement actuel des discussions, l’horizon pourrait bien se dégager totalement dans les tout prochains jours, laissant présager un retour effectif des enseignants et des élèves dans les salles de classe.
