Le Conseil des ministres du 29 décembre a adopté trois mesures majeures concernant l’Administration des Eaux et Forêts : l’ordonnance fixant le statut particulier des personnels du corps paramilitaire, le décret portant organisation du corps autonome paramilitaire, et le décret relatif à la restructuration de l’administration. Ces décisions interviennent dans un contexte marqué par des plaintes récurrentes des agents, confrontés à des difficultés administratives et professionnelles persistantes.
Sur le terrain, les agents assurent des missions sensibles liées à la lutte contre le braconnage, à l’exploitation illégale des ressources forestières et à la gestion des conflits homme-faune. Longtemps, ils ont dénoncé l’absence d’un cadre statutaire adapté aux risques encourus. L’ordonnance adoptée reconnaît désormais le caractère sécuritaire de leurs missions et prévoit une protection socio-professionnelle mieux encadrée.
Le malaise concerne également les nouvelles recrues. Les quatre promotions formées entre 2021 et 2024 à l’École nationale des Eaux et Forêts ont récemment dénoncé les lenteurs liées à leur intégration administrative, malgré l’attribution annoncée de 3 215 postes budgétaires au ministère. Cette situation a entretenu un climat d’incertitude au sein du corps.
Le deuxième décret adopté structure le corps paramilitaire autour d’un commandement en chef et d’unités spécialisées, avec pour objectif de renforcer la coordination et l’efficacité opérationnelle. Il vise notamment une meilleure organisation des interventions sur le terrain. Enfin, le troisième texte réforme l’architecture institutionnelle du ministère afin d’adapter son fonctionnement à la transformation du Corps en entité autonome paramilitaire, tout en maintenant ses missions techniques civiles.
Ces réformes, attendues depuis plusieurs mois, sont perçues comme un signal d’apaisement par les agents. Elles seront toutefois jugées à l’aune de leur mise en œuvre effective, notamment en ce qui concerne la régularisation des situations administratives et l’amélioration concrète des conditions de travail.



