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Derrière les murs fragilisés : l’avenir de l’IST se fissure

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L’Institut supérieur de technologie (IST) de Bikélé Zong est fermé depuis le 20 novembre 2025 suite à la résiliation de son contrat de location. Face à l’incertitude et à la menace qui pèse sur l’enseignement technologique gabonais, le Syndicat national des enseignants et chercheurs (SNEC-IST) a appelé d’urgence, le 26 novembre, la Présidence de la République à une rencontre de crise.

Cette fermeture n’est que la dernière alerte. En février 2024, les cours avaient déjà été suspendus en raison de la dégradation avancée des bâtiments. La situation a récemment été dramatisée par la chute d’un étudiant, blessé après qu’un morceau de gravats s’est détaché d’un mur.

Le problème de fond est la résiliation du contrat de location par le propriétaire privé. Selon le SNEC-IST, l’État s’était engagé à assurer le paiement des loyers peu après l’installation de l’école il y a plus de dix ans. Cependant, aucun paiement n’aurait été honoré jusqu’à ce jour. « Ce qui devait arriver arriva », a déploré Hugues Maganga, président du syndicat, évoquant l’abandon progressif d’un établissement qui forme des cadres techniques depuis trois décennies.

Derrière les murs fragilisés : l'avenir de l'IST se fissure
Le bâtiment de l’IST fermé jusqu’à nouvel ordre.

Dans sa communication, le syndicat a rappelé l’importance stratégique de l’institut pour le développement industriel du pays. L’IST est un acteur majeur de la recherche nationale et forme des techniciens et ingénieurs dans des filières cruciales comme le génie énergétique, le biomédical, le génie civil et agricole, ou encore les sciences informatiques. Malgré son rôle clé, l’institut souffre d’un manque criant de moyens : infrastructures, logements étudiants, moyens roulants, services sociaux et financements. Une situation qui, selon les enseignants, contredit les ambitions de la République.

Face à l’urgence, le SNEC-IST appelle à une rencontre de crise immédiate. Elle devrait mobiliser la tutelle, le ministère des Finances, le ministère de l’Habitat et des Travaux publics, sous l’égide de la Présidence de la République. « Ce qui se fait sans nous, pour nous, est contre nous », ont averti les enseignants, affirmant leur détermination à défendre l’avenir de l’institution et des milliers d’étudiants inscrits. L’issue de cette crise, qui dure depuis près d’une décennie, dépend désormais d’une réponse rapide et concrète des autorités. C’est tout l’avenir de l’enseignement technologique gabonais qui est en jeu.

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