Coup de tonnerre sur le continent. La Confédération africaine de football (CAF) vient d’annuler le sacre du Sénégal de la CAN 2025. Jugés coupables d’un abandon temporaire de terrain lors de la finale, les Lions de la Teranga perdent leur titre sur tapis vert. Le Maroc est officiellement déclaré vainqueur.
Le verdict de la Commission d’appel de la CAF est tombé comme un couperet. Alors que le Sénégal célébrait sa victoire (1-0) acquise de haute lutte à Rabat en janvier dernier, l’instance continentale a décidé d’effacer ce résultat sportif pour le transformer en une défaite par forfait (3-0).
A l’origine de ce revirement spectaculaire, un incident survenu durant la finale. Pour protester contre une décision arbitrale, les joueurs sénégalais avaient brièvement quitté la pelouse avant de reprendre le jeu. Si le résultat avait été validé dans un premier temps, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a obtenu gain de cause en appel. La CAF a jugé que cet arrêt de jeu volontaire constituait une « violation grave » du règlement disciplinaire.
Le Sénégal contre-attaque devant le TAS
La réaction de Dakar ne s’est pas fait attendre. La Fédération sénégalaise de football (FSF) fustige une décision qu’elle juge « injuste et sans fondement ». Pour les autorités sportives sénégalaises, le fait que le match soit allé à son terme suffit à valider le score acquis sur le terrain.
Refusant de rendre le trophée sans combattre, le Sénégal a annoncé saisir immédiatement le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne.
Cette bataille juridique, qui s’annonce longue, plonge la CAN dans une zone de turbulences inédite. Au-delà du score, c’est toute la crédibilité de la gouvernance du football africain qui est aujourd’hui remise en question. En attendant le verdict final du TAS, le continent assiste, médusé, à un sacre qui se joue désormais dans les bureaux plutôt que dans les stades.
Rétro : ces matchs de la CAF qui ont basculé « sur tapis vert »
Si le retrait d’un titre de champion d’Afrique est une première, les décisions administratives ont déjà marqué l’histoire des compétitions continentales. En 2019 : L’affaire du « Rades-gate » (Ligue des Champions). Lors de la finale retour entre l’Espérance de Tunis et le Wydad Casablanca, les Marocains avaient quitté le terrain pour protester contre une panne de la VAR. Après des mois de bataille juridique, la CAF avait finalement déclaré le Wydad perdant par forfait, offrant le titre à l’Espérance.
Disqualification de la RD Congo (Éliminatoires CAN 2012). Les Léopards avaient perdu leur match contre l’Île Maurice sur tapis vert pour avoir aligné un joueur non éligible. Une erreur administrative qui avait coûté cher à la sélection congolaise.
1996 : le retrait du Nigéria (CAN en Afrique du Sud). Champion en titre, le Nigéria s’était retiré de la compétition pour des raisons politiques. La CAF avait alors banni les Super Eagles pour deux éditions consécutives, une sanction exemplaire à l’époque.
A noter qu’un match perdu par forfait est automatiquement crédité d’un score de 3-0 en faveur de l’adversaire, conformément aux règlements de la FIFA et de la CAF.