À un peu plus d’un an de l’interdiction annoncée des importations de poulet de chair, le gouvernement s’emploie à baliser le terrain. C’est dans ce sens que le ministre de l’Économie, des finances, de la dette et des participations, chargé de la lutte contre la vie chère, Thierry Minko, a reçu le 26 janvier en audience une délégation de la Banque africaine de développement (BAD), venue faire le point sur l’accompagnement de l’institution dans la structuration du secteur avicole national.
La mission était conduite par le représentant résident de la BAD au Gabon, Nouredine Kane Dia, assisté de Pape Demba Thiam, conseiller spécial du président de la Banque. Au cœur des échanges : l’état d’avancement des opérations en cours et les perspectives liées au Projet d’appui à la structuration du secteur avicole, dont la mission de programmation a récemment été bouclée. Cette rencontre intervient dans un contexte stratégique.

Le Gabon a décidé d’interdire, à compter du 1er avril 2027, les importations de poulet de chair, un produit largement consommé et majoritairement importé. Une décision ambitieuse, qui suppose une montée en puissance rapide de la production locale afin d’éviter toute rupture d’approvisionnement ou flambée des prix, dans un pays où la lutte contre la vie chère demeure une priorité gouvernementale.
Selon les informations communiquées à l’issue de l’audience, les discussions ont porté sur les modalités concrètes de mise en œuvre de cette politique : capacités de production à développer, structuration de la filière, accompagnement des éleveurs, financement des infrastructures et sécurisation de la chaîne de valeur. Autant de paramètres indispensables pour rendre crédible la transition vers une autosuffisance partielle, voire totale, en viande de volaille.
Thierry Minko a insisté sur la nécessité d’une coordination étroite entre l’État gabonais et la BAD, soulignant que le succès de cette réforme dépendra autant de la planification que de l’exécution. L’institution financière panafricaine, de son côté, a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le Gabon dans ce projet, présenté comme structurant pour l’économie nationale.
Au-delà de la seule question avicole, l’enjeu est plus large. La réduction des importations alimentaires s’inscrit dans une stratégie de souveraineté économique, de création d’emplois et de limitation de la sortie des devises. Mais elle expose également le gouvernement à une équation délicate : soutenir la production locale sans fragiliser le pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte où les attentes sociales restent fortes.
À quinze mois de l’échéance fixée, le calendrier est serré. La réussite de cette réforme dépendra de la capacité des autorités à traduire les annonces en actions concrètes, à mobiliser les financements nécessaires et à rassurer les consommateurs. La BAD, partenaire clé dans ce processus, apparaît comme un acteur central dans l’accompagnement technique et financier de cette transformation annoncée du secteur avicole gabonais.

