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 Ali Akbar Onanga Y’Obegue : « Mbanié perdue en droit, mais pas en réalité »

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Au cœur du différend historique entre le Gabon et la Guinée équatoriale, Ali Akbar ONANGA Y’OBEGUE sort du silence : dans un long et riche texte publié sur sa page Facebook, l’ancien ministre dévoile une stratégie et appelle à dépasser les clivages politiques pour sauver l’essentiel.

Depuis plusieurs décennies, le différend opposant le Gabon à la Guinée équatoriale autour de l’île Mbanié empoisonne les relations bilatérales. Bien antérieur aux époques d’Omar Bongo et de Macías Nguema, ce contentieux, enraciné dans les rivalités coloniales entre la France et l’Espagne, a connu un tournant décisif avec l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de justice (CIJ). Si la décision a attribué la souveraineté des îles à Malabo, Ali Akbar Onanga Y’Obegue refuse toute lecture fataliste : « Mbanié est perdue juridiquement, pas encore pratiquement ni définitivement ».

Fort de son expérience au cœur des négociations, l’ancien ministre affirme parler avec « une connaissance intime » d’un dossier qu’il juge « d’une extrême densité ». Pour lui, la décision de la CIJ ne constitue pas une fin, mais « un point de départ pour la négociation ». Il insiste : « L’arrêt ne règle ni les frontières maritimes, ni les droits d’exploitation économique », laissant ainsi au Gabon des marges de manœuvre réelles.

Dans cette perspective, Ali Akbar identifie trois leviers stratégiques majeurs. D’abord, le partage des ressources naturelles, car « la souveraineté ne se confond pas avec l’exclusivité des droits d’exploitation ». Ensuite, la pression territoriale liée à Ebebiyin et Mongomo, conséquence indirecte de la reconnaissance de la convention de 1900. Enfin, la délimitation maritime, encore inachevée, qui peut permettre de préserver des intérêts économiques essentiels.

Mais au-delà de la stratégie, l’auteur dénonce une faute politique du pouvoir actuel : « Il savait… et il n’a rien fait ». Selon lui, le silence des autorités face à un verdict prévisible a privé le pays d’une préparation collective indispensable. D’où son appel à « rompre le silence » et à construire une position nationale claire.

L’ancien ministre va plus loin en soulignant l’importance d’un référendum, qu’il considère à la fois comme « une obligation constitutionnelle » et « une arme de négociation ». Pour lui, seule la consultation du peuple peut donner au Gabon la légitimité nécessaire dans les discussions à venir.

Opposé à la gouvernance actuelle, mais soucieux de l’intérêt supérieur de la nation, Ali Akbar Onanga Y’Obegue plaide pour que ses propositions soient entendues au-delà des clivages politiques. « Les leviers existent. Les marges de manœuvre sont réelles », martèle-t-il, appelant le gouvernement à agir avant que « la fenêtre ne se ferme ».

Au fond, son message est clair : la souveraineté ne se décrète pas uniquement dans les prétoires internationaux, elle se construit aussi dans la stratégie, la négociation et l’unité nationale. Au final, l’idée et la stratégie proposées par Ali Akbar Onanga Y’Obegue ne méritent-elles pas, au-delà des clivages, d’être sérieusement explorées dans l’intérêt supérieur de la nation ?

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