AccueilTribuneTribune politique du Camarade Julien Nkoghe Bekale : « Le moment du rassemblement est venu »

Tribune politique du Camarade Julien Nkoghe Bekale : « Le moment du rassemblement est venu »

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Camarades militantes, camarades militants,

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Une réunion du Comité Permanent et du Bureau Politique a été convoquée cet après-midi, jeudi 22 octobre 2026. N’étant pas physiquement au Gabon, je ne peux malheureusement y prendre part. Aussi, voudrais-je m’adresser à mes camarades pour exposer mon point de vue et ma position ainsi que mes propositions.

Camarades militantes, camarades militants,

MATELEC
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Le mardi 20 octobre 2026, le Distingué Camarade Ali Bongo Ondimba s’est adressé aux militantes et aux militants du Parti Démocratique Gabonais. Cette adresse ne laisse personne indifférent. Elle suscite, dans nos rangs comme dans le pays, des réactions nombreuses, parfois passionnées. Il ne pouvait en être autrement : elle touche à ce que nous avons de plus précieux, notre parti, son unité et son avenir.

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Je m’exprime en ma qualité de membre des instances dirigeantes de notre parti, auxquelles je continue d’appartenir, avec la liberté de parole, non pour ajouter du bruit au bruit, ni pour me ranger dans un camp contre un autre. Je la prends parce que ma conscience, les responsabilités que j’exerce au sein du parti et celles que la Nation m’a jadis confiées m’en font un devoir.

Mon propos est guidé par une conviction : nous ne pouvons laisser les désaccords qui nous séparent compromettre durablement l’avenir du PDG.

Pourquoi je suis resté ?

Depuis le 7 mars 2024, notre parti traverse une parenthèse douloureuse. Des camarades se sont éloignés. D’autres se sont affrontés. Beaucoup ont souffert en silence, dans nos provinces, nos villes et nos villages.

J’ai fait le choix de demeurer au sein des instances qui animent aujourd’hui le parti. Certains l’ont compris, d’autres me l’ont reproché. Ce choix n’était ni une adhésion à la division, ni un renoncement à nos valeurs. C’était un pari : celui de préserver, de l’intérieur, la possibilité d’un rassemblement. J’ai voulu être de ceux qui gardent la porte ouverte, en attendant le jour où elle pourrait enfin servir. Ce jour est arrivé.

Ce que je retiens de l’adresse du 20 octobre

Je ne commenterai pas ici chacune des affirmations contenues dans cette adresse. Chaque militant les a entendues et chacun en jugera librement.

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Ce que je retiens, en responsable, c’est l’essentiel. Une main tendue. Un appel au dialogue, au rassemblement. Une méthode proposée, en trois temps, pour sortir de la crise. Et l’engagement, pris publiquement devant tous les militants, de s’en remettre à leur choix souverain à l’issue d’un congrès inclusif.

Cette proposition peut être discutée, amendée, enrichie. Elle ne peut pas être ignorée. Quand une main est tendue publiquement, devant le parti et devant le pays, on ne la laisse pas dans le vide.

À mes camarades de la direction du parti

Je m’adresse d’abord, avec franchise et fraternité, aux camarades avec lesquels je siège et dont je partage les responsabilités au quotidien.

Répondre à un appel n’est pas capituler. S’asseoir à une même table n’est pas abdiquer. Le dialogue n’est la défaite de personne ; c’est le refus du dialogue qui nous condamne tous.

Regardons notre situation avec lucidité. Depuis plus de deux ans, notre place dans la vie publique n’a cessé de se réduire. Notre parti a trop longtemps vécu dans l’incertitude sur son unité, son organisation et son orientation. Nos militants en éprouvent les conséquences dans nos provinces, nos communes et nos départements. Ils s’interrogent, se découragent, et certains s’en vont.

Ceux qui restent attendent de leurs responsables qu’ils leur ouvrent un chemin pour continuer à militer ensemble, dans un parti rassemblé, respecté et capable de tenir sa place dans la vie nationale. Cette attente nous oblige. Car, chaque mois de division supplémentaire profite à ceux qui, hors de nos rangs, souhaitent voir le PDG affaibli, dispersé ou absorbé. Aucun d’entre nous n’a été élu par les militants pour présider à cet effacement.

Les travaux de la commission ad hoc que j’ai eu l’honneur de présider ont témoigné d’un besoin profond de clarification et de renouvellement. Ce besoin demeure. Pour y répondre, le PDG doit retrouver la capacité de débattre sereinement de sa ligne, de son autonomie et de sa contribution aux réponses qu’attendent les Gabonais. Une unité retrouvée donnera à ce débat toute sa force.

Pour ma part, je suis disponible pour contribuer à toute démarche sincère de rapprochement. Je le ferai avec le respect dû à chacun et avec la franchise qu’exige la gravité du moment. Mon engagement au sein du PDG trouve son sens dans la possibilité de servir un parti rassemblé, vivant et maître de ses choix. C’est cette perspective que je souhaite aujourd’hui voir aboutir.

Au Distingué camarade Ali Bongo Ondimba et à ceux qui portent son initiative

Je dis avec le même respect et la même franchise : que cette main tendue demeure ouverte, patiente et sans humiliation pour quiconque. Le rassemblement ne naîtra pas de la victoire d’une sensibilité sur une autre. Il naîtra de la reconnaissance mutuelle, de la garantie donnée à chacun qu’il a sa place dans la maison commune, et de la préférence constante pour le dialogue sur le contentieux. Elle devra permettre à toutes les sensibilités de prendre leur place et à tous les militants de se reconnaître dans l’avenir que nous préparerons ensemble.

Aux militantes et aux militants

Je vous demande le calme et la hauteur. Pas d’invectives, pas de procès en trahison, pas de règlements de comptes sur les réseaux sociaux. Nos divergences sont réelles ; elles ne font pas de nous des ennemis. Ceux qui nous observent attendent que nous nous déchirions. Ne leur offrons pas ce spectacle.

Le moment est venu

Camarades,

L’histoire retiendra non pas qui avait raison le 7 mars 2024, mais qui a su, en octobre 2026, saisir la chance du rassemblement. Le moment est venu. Il ne se représentera peut-être pas.

Notre devise, « Dialogue, Tolérance, Paix », nous donne une méthode. Nous l’avons invoquée dans tant de circonstances de la vie nationale. Nous devons aujourd’hui lui donner toute sa portée au sein de notre propre famille politique. L’héritage du président fondateur, Omar Bongo Ondimba, nous engage à cet effort.

Ce que je propose

Pour que ce moment ne soit pas une occasion de plus manquée, je propose :

1.⁠ ⁠Que chacune des parties désigne sans délai ses représentants au sein d’un cadre de concertation, sans préalable, dont le lieu et le format seront librement convenus ;

2.⁠ ⁠Que, de part et d’autre, soit suspendue toute initiative unilatérale pendant la durée de ces échanges ;

3.⁠ ⁠Que les anciens et les sages du parti soient associés à ce processus comme garants de sa sincérité.

Le moment est venu de faire un pas les uns vers les autres. Une possibilité de dialogue nous est offerte. Donnons-lui une réponse et une suite. Nos militants attendent de nous ce courage, cette hauteur et ce sens de l’intérêt commun.

Le Parti Démocratique Gabonais a été bâti sur le dialogue. C’est par le dialogue qu’il se relèvera.

Julien Nkoghe Bekale, ancien Premier Ministre, membre du Comité Permanent du Bureau Politique du Parti Démocratique Gabonais (PDG)

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