Le vol de métaux n’est plus un simple fait divers. Câbles, compteurs d’eau et désormais fusibles des postes de distribution électrique sont ciblés sur plusieurs sites de la SEEG, avec des conséquences directes sur la continuité des services essentiels. Une évolution qui transforme progressivement le vandalisme du réseau en véritable enjeu de sécurité publique.
Le phénomène prend de l’ampleur. Après les câbles arrachés sur les forages de la SEEG à Ntoum, les compteurs d’eau, riches en cuivre et en laiton, disparaissent désormais par dizaines, aussi bien dans le Grand Libreville qu’à l’intérieur du pays. Le vandalisme commis en août aux abords de la Cité de la Démocratie s’inscrit dans cette même logique. Plus récemment, les fusibles des postes de distribution électrique sont devenus de nouvelles cibles.
Cette succession d’actes révèle une évolution préoccupante : le matériel indispensable au fonctionnement des réseaux est directement pris pour cible. Ce qui est dérobé ne constitue donc pas seulement un bien appartenant à l’entreprise. Sa disparition peut interrompre la fourniture d’un service essentiel à des ménages entiers.


Des conséquences qui dépassent le simple préjudice matériel
Chaque fusible dérobé, chaque câble sectionné et chaque compteur arraché entraîne des réparations supplémentaires. Pour la SEEG, ces interventions répétées mobilisent des moyens qui pourraient autrement être consacrés à l’amélioration de la qualité du service. Pour les populations, les conséquences sont immédiates : des familles peuvent se retrouver privées d’électricité ou d’eau.
Lorsque des quartiers sont volontairement plongés dans l’obscurité, les risques dépassent également le cadre du préjudice matériel. L’insécurité peut s’accroître la nuit, tandis que les centres de santé et les commerces peuvent être perturbés. La conservation des denrées devient plus difficile et les installations laissées à nu peuvent exposer les populations à des dangers supplémentaires.
Une réponse qui doit changer d’échelle
La SEEG a déjà déposé plainte et travaille avec les forces de l’ordre. Plusieurs affaires ont par ailleurs donné lieu à des interpellations, notamment à Libreville, à Lalala-Dakar et à Moyabi.
Mais l’entreprise ne peut porter seule ce combat. Le démantèlement des réseaux, le contrôle de la traçabilité des métaux collectés et la lutte contre le recel doivent désormais mobiliser pleinement les autorités compétentes.
Car s’attaquer aux équipements qui alimentent les foyers en eau et en électricité, ce n’est plus seulement voler du cuivre, du laiton ou des fusibles. C’est prendre le risque de compromettre la continuité d’un service essentiel et d’exposer directement les populations. Le pillage du réseau est ainsi devenu une question de sécurité nationale.












