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Gabon : Pour la Sécurité alimentaire, Port-Gentil fait le ménage dans les assiettes de rue

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À Port-Gentil, l’alimentation de rue fait frémir les papilles autant qu’elle rythme le quotidien des habitants. Mais derrière le succès de cette restauration rapide, l’enjeu sanitaire est colossal. Pour sécuriser ce secteur vital, la délégation provinciale de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) a pris le problème à bras-le-corps : 304 professionnels du secteur viennent d’être formés aux Bonnes Pratiques d’Hygiène (BPH). Enquête sur une mutation nécessaire au cœur de la capitale provinciale de l’Ogooué-Maritime.

Les 21 et 22 septembre 2026, les salles de formation de Port-Gentil ont fait le plein. Pendant quarante-huit heures, 304 artisans de la cuisine de rue, gérants de stands, rôtisseurs, vendeurs de beignets et tenanciers de cafétérias, ont mis leur tablier de côté pour se confronter aux exigences de la sécurité des aliments.

Dans une province où la restauration rapide n’est plus une simple alternative mais un pilier des habitudes de consommation, l’initiative de l’AGASA répond à une urgence de santé publique. Objectif : standardiser des gestes cruciaux pour éliminer les risques de toxi-infections alimentaires collectives.

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Des gestes simples pour de grandes responsabilités

L’apprentissage s’est articulé autour de notions quotidiennes, souvent perçues à tort comme anodines. Les formateurs de l’AGASA ont insisté sur des protocoles stricts : le lavage méthodique et fréquent des mains ; l’isolation systématique des préparations face aux poussières et insectes ; la chasse rigoureuse aux contaminations croisées (séparation des produits crus et cuits) ; la maîtrise absolue de la chaîne du froid et des températures de conservation.

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Pour ces professionnels, l’enjeu a rapidement dépassé le cadre d’une simple obligation administrative. Le parcours du produit est direct : de la poêle ou de la marmite à la bouche du consommateur, sans intermédiaire. Une seule faille dans la manipulation, et les répercussions médicales peuvent s’avérer dramatiques pour toute une communauté.

La méthode AGASA : de la théorie à l’action

Pour marquer les esprits, l’agence n’a pas misé sur de longs discours théoriques. La formation a alterné des exposés scientifiques et des travaux pratiques en ateliers. Les participants ont été mis en situation face aux risques réels de leur propre environnement de travail : gestion des déchets, entretien du matériel et détection des produits avariés.

Cette pédagogie active a payé. En fin de session, la remise des attestations de formation s’est accompagnée d’une vague de soulagement et de fierté chez les récipiendaires. Beaucoup ont témoigné d’un véritable déclic, affirmant mesurer pleinement, désormais, le poids de leur responsabilité sanitaire.

Un pacte de confiance entre vendeurs et consommateurs

Derrière le folklore et les odeurs alléchantes des comptoirs de rue à Port-Gentil, se joue une équation humaine et économique complexe. D’un côté, des micro-entrepreneurs qui luttent pour gagner leur vie et nourrir leurs familles, de l’autre, des citoyens qui cherchent un repas accessible, rapide, mais surtout inoffensif pour leur santé.

En encadrant ces 304 acteurs, l’AGASA ne cherche pas à réprimer, mais à professionnaliser. Une démarche essentielle pour que la table de rue reste un espace de convivialité, protégé par le bouclier invisible mais indispensable de l’hygiène alimentaire.

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