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Gabon : Stéphane Zeng, quand l’innovation sombre dans la bassesse des réseaux sociaux

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Alors que le Gabon aspire à une administration exemplaire, le directeur du Centre Gabonais de l’Innovation préfère, lui, menacer de dévoiler l’intimité de ses compatriotes. Un comportement qui interroge sur la moralité des premiers responsables de nos institutions.

Le point de départ de cette dérive est une publication datée du 2 octobre 2026 sur la page Facebook officielle « Stephane Zeng – La Page ». Landry Stéphane Zeng Eyindanga, Directeur du Centre Gabonais de l’Innovation (CGI), y écrit sans la moindre retenue : « Bientôt je dirai tout sur Nelly Ngabima alias Princesse de Souba, la tchiza d’un Général, puis Lucie Mapembi alias Isis, la concitoyenne de Kabila. Silence n’est pas faiblesse, Tic tac, tu craques… ».

Derrière ces mots, une volonté assumée de nuire. En menaçant de révéler la vie intime et les relations privées de Nelly Ngabima, une jeune activiste gabonaise, en la qualifiant de « tchiza » (maîtresse) d’un Général des Forces armées gabonaises, il s’attaque à l’intimité d’une compatriote. Pire, en désignant Lucie Mapembi alias Isis comme la « concitoyenne de Kabila », il remet en cause sa nationalité gabonaise. Le directeur d’une structure publique, censé incarner l’innovation et la rigueur, se transforme ainsi en justicier des réseaux sociaux, prêt à user de son statut pour régler des comptes personnels.

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D’activiste numérique à dirigeant public

Avant les événements du 30 août 2023, Landry Stéphane Zeng Eyindanga s’était fait connaître sur les réseaux sociaux par des publications particulièrement virulentes contre le régime d’Ali Bongo Ondimba, son entourage et plusieurs personnalités politiques et militaires, parmi lesquelles Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’époque Commandant en chef de la Garde républicaine.

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Après l’arrivée au pouvoir du président Brice Clotaire Oligui Nguema, celui qui revendique son soutien au nouveau pouvoir est appelé à occuper des responsabilités publiques. Nommé en Conseil des ministres le 19 décembre 2024 à la tête du CGI, il se voit confier une mission stratégique : promouvoir l’innovation, accompagner le financement de projets innovants et contribuer à la transformation numérique du Gabon. Une mission exigeante qui appelle compétence, retenue et sens des responsabilités.

Un directeur général ou un vulgaire activiste ?

C’est précisément là que le malaise apparaît. Le directeur d’un organisme public est-il censé consacrer son influence numérique à l’accompagnement de l’innovation, à la vulgarisation des enjeux technologiques et à la promotion de solutions pour la jeunesse gabonaise ? Ou doit-il utiliser ses plateformes pour régler des comptes personnels et exposer des aspects relevant de la vie privée de compatriotes ? La question mérite d’être posée.

Comment un gestionnaire de la chose publique peut-il se comporter ainsi ? Avons-nous affaire à un directeur ou à un vulgaire activiste, adepte du rabaissement et de la délation ? En s’attaquant à la vie privée de ses compatriotes, Stéphane Zeng donne la mesure de sa psychologie douteuse. Ce comportement, dépourvu d’éthique et de déontologie, est indigne d’un chef de structure publique. On ose imaginer comment il traite les employés du CGI au quotidien. L’homme qui devrait incarner l’excellence se complaît dans la bassesse, foulant aux pieds les valeurs républicaines.

N’ayons pas peur des mots : Landry Stéphane Zeng Eyindanga ne rend pas honneur à la fonction qu’il occupe. Nommé en Conseil des ministres et bénéficiaire de la confiance du chef de l’État, il devrait incarner la retenue, l’exemplarité et le sens de l’intérêt général qu’exige la direction d’un établissement public. Or, à travers ce type de publications, qui ne constituent d’ailleurs pas un épisode isolé depuis son arrivée à la tête du CGI, l’ancien activiste donne davantage l’impression d’être resté prisonnier des réflexes de l’activisme de réseaux sociaux que d’avoir endossé le costume des responsabilités d’un dirigeant public. Le costume de directeur général semble manifestement trop étroit pour contenir le polémiste. Là où l’on attendrait un promoteur de l’innovation, de la transformation numérique et de l’excellence administrative, apparaît un responsable plus à l’aise dans la provocation, les querelles personnelles et les attaques ad hominem. Une posture qui n’honore ni son institution, ni la confiance placée en lui, et encore moins l’ambition de refondation de l’État portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Un avertissement déjà lancé par le gouvernement

Le paradoxe est d’autant plus frappant que le Conseil des ministres du 8 septembre 2025, présidé par Oligui Nguema,  avait clairement mis en garde les agents publics. L’exécutif dénonçait « l’utilisation inappropriée » des réseaux sociaux par certains agents de l’État. Le compte rendu officiel « déplorait le comportement inapproprié de certains agents publics sur les réseaux sociaux, en violation des règles déontologiques ». Des publications « frisant l’indécence ou portant atteinte à la dignité » sur Facebook, WhatsApp, Instagram ou TikTok seraient désormais scrutées. Le gouvernement avait été catégorique : « tout manquement sera désormais considéré comme inacceptable et fera l’objet de sanctions appliquées avec la plus grande rigueur ».

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Face à ces recommandations, Stéphane Zeng, qui se dit soutien indéfectible du chef de l’État, montre qu’il n’en a cure. Il bafoue les instructions de l’exécutif qui prône l’éthique et la responsabilité.

Une administration à nettoyer

Le cas de Stéphane Zeng n’est malheureusement pas isolé. De nombreux ministres et directeurs généraux brillent par leur impolitesse, leur manque d’éthique et leur irrespect sur les réseaux sociaux. Pendant que le président Oligui Nguema prône l’efficacité, les résultats et l’inclusivité, ses collaborateurs s’illustrent par des comportements vulgaires. Si le pouvoir entend réellement assainir les pratiques au sein de l’administration, alors Stéphane Zeng ne saurait être l’exception. Les écuries d’Augias ne se nettoient pas à moitié, car de l’image de ces hommes dépend la crédibilité de l’ensemble de l’administration gabonaise et, in fine, celle du chef de l’État.

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