Réunis en assemblée générale extraordinaire le 21 février à Libreville, « Les Bâtisseurs louvanois » ont tracé les contours d’une nouvelle ambition pour leur département. Entre souveraineté alimentaire et cohésion sociale, l’association entend briser les monopoles et redonner aux locaux les clés de leur économie.
C’est dans le cadre solennel de la Chambre de commerce de Libreville que les ressortissants de la Louétsi-Wano (province de la Ngounié) se sont donné rendez-vous. Sous l’impulsion du président de l’association les Bâtisseurs louvanois, Steve Delbra Ndjota-Ndjota, cette rencontre n’était pas qu’une simple formalité administrative, mais un véritable « moment de vérité ».
Le constat est sans appel : pour se développer, la Louétsi-Wano doit reprendre le contrôle de son assiette. L’association a placé la relance des cultures de l’arachide et de la patate douce à Lébamba en tête de ses priorités.

Le défi reste, toutefois, structurel. « La chaîne de distribution demeure verrouillée par des opérateurs expatriés », a-t-on déploré durant les travaux.
Face à ce verrouillage qui freine l’essor des producteurs locaux, les Bâtisseurs prônent une riposte organisée : produire, transformer et consommer local pour garantir une véritable souveraineté économique et la sécurité alimentaire.
« Un bilan n’est pas seulement un regard vers le passé, c’est un acte de maturité collective », a martelé Steve Delbra Ndjota-Ndjota devant l’assemblée de 177 membres actifs.
Football et lutte contre l’exode rural
Le développement ne se jouera pas que dans les champs. L’association mise également sur le sport pour cimenter la solidarité intergénérationnelle. En partenariat avec Ndoti Club, une structure d’encadrement et de développement du sport chez jeunes pour lutter contre la consommation des stupéfiants et la dépravation sexuelle, un tournoi de football est déjà programmé en août prochain à Lébamba.
L’objectif est double : renforcer la cohésion sociale entre les fils et filles du département ; freiner l’exode rural en redonnant de l’attractivité et de l’espoir à une jeunesse souvent tentée par le départ vers les grandes métropoles.
Pour transformer les idées en projets concrets, « Les Bâtisseurs louvanois » misent sur la structuration. Une fiche d’enregistrement a été ouverte et mise à la disposition des membres pour soumettre leurs initiatives. L’idée est de fédérer les coopératives isolées en une force collective capable d’attirer des investissements durables.
La prochaine étape de cette mobilisation se jouera sur le terrain. Une rencontre similaire est prévue à Lébamba. Un signal fort pour signifier que le changement ne se décrète pas depuis la capitale, mais s’écrit avec ceux qui font vivre le département au quotidien.