L’Université franco-gabonaise Saint-Exupéry (UFGESE) a accueilli, ce mercredi 18 février 2026, une conférence de Tony Simard, président de Boîte à innovations Canada. Au cœur de son intervention : un clavier virtuel révolutionnaire conçu pour intégrer les langues vernaculaires au monde numérique.
Douglas
L’amphithéâtre de l’UFGESE était comble pour écouter l’expert canadien traiter de la « coopération intelligente ». Si les enjeux de la société de la connaissance étaient au programme, c’est une innovation concrète qui a captivé l’auditoire : un clavier numérique capable de gérer 28 langues, dont plusieurs dialectes africains majeurs.
Fang, téké, wolof… l’outil permet désormais de passer outre les limitations des claviers traditionnels souvent inadaptés aux phonétiques locales. « On modernise l’alphabet pour qu’on puisse écrire dans sa langue maternelle », a expliqué Tony Simard devant un public d’étudiants et de professionnels. Pour l’innovateur, cette technologie est le chaînon manquant pour une inclusion numérique réelle sur le continent.

L’innovation contre l’analphabétisme
Au-delà de la prouesse technique, l’objectif est avant tout pédagogique. En facilitant l’accès aux contenus dans les langues d’origine, le dispositif vise à améliorer l’appropriation des savoirs et à renforcer l’identité culturelle des apprenants.
« L’analphabétisme n’est pas une fatalité. C’est un défi que l’innovation peut relever si l’on adapte les outils aux réalités locales », a martelé le fondateur de Boîte à innovations Canada.
Ce clavier n’est qu’une pièce d’un puzzle plus vaste : le modèle des « écoles intelligentes ». Développé par son organisation, ce concept ambitionne de connecter la jeunesse africaine aux savoirs mondiaux sans pour autant sacrifier son patrimoine linguistique. Une vision qui résonne avec force au Gabon, où la valorisation des langues nationales reste une priorité éducative majeure.