Face à la pression fiscale croissante et aux réformes structurelles, l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA) mise sur la concertation. Ce lundi à Libreville, l’agence a réuni opérateurs économiques et associations de consommateurs pour un atelier de consultation crucial : comment préserver la santé des Gabonais sans étouffer les entreprises du secteur ?
Au cœur des échanges, une équation complexe : l’absorption des nouvelles charges fiscales par les opérateurs de l’agroalimentaire. Dans un secteur où les coûts d’exploitation grimpent, les entreprises ont exprimé leurs craintes de voir leur viabilité menacée par les récentes mesures économiques. Cependant, pour l’AGASA, la ligne rouge est tracée.
L’Agence, garante de la prévention des risques sanitaires et phytosanitaires « de la fourchette à la fourche », a été catégorique : la protection du consommateur est un impératif non négociable. La sécurité des denrées mises sur le marché ne saurait devenir une variable d’ajustement financier.
Un dialogue pour éviter la rupture
L’atelier a permis d’ouvrir des pistes de solutions concertées. L’enjeu est d’anticiper les effets des réformes pour éviter toute fragilisation du dispositif de contrôle. Pour les acteurs présents, seul un dialogue permanent entre l’administration et le secteur privé permettra de maintenir les standards de conformité sans provoquer de faillites en chaîne.

La dimension sociale a également marqué les discussions avec la présentation du programme « Solidarité vie chère ». Cette initiative propose une valorisation strictement encadrée des produits à Date Limite de Consommation (DLC) courte.
En partenariat avec le Centre National des Œuvres Universitaires (CNOU), ces produits seront orientés vers les restaurants universitaires. Un dispositif qui permet de remplir un triple objectif : soutenir le pouvoir d’achat des étudiants ; lutter contre le gaspillage alimentaire ; garantir un contrôle sanitaire rigoureux sur des produits qui, autrement, pourraient sortir des circuits officiels.
Dans un contexte marqué par l’inflation, l’AGASA réaffirme ainsi son rôle : concilier les impératifs économiques du moment avec sa mission régalienne de veille sanitaire, sans jamais transiger sur la santé publique.


