Lundi 9 février 2026, une étape majeure a été franchie avec la transmission de 5 224 décisions de cession à la Conservation foncière. En un mois, l’administration a réalisé l’équivalent de 18 ans de travail au rythme ancien. Un signal fort envoyé par les autorités pour briser un système sclérosé par la bureaucratie.
En finir avec le « parcours du combattant ». C’est l’ambition affichée par le ministre du Logement et de l’Habitat, Mays Mouissi, lors de la remise officielle de plus de 5 000 dossiers de cession lundi 9 février 2026 à la Conservation foncière. Ces documents constituent le sésame indispensable à la création de titres fonciers pour des milliers de foyers gabonais, longtemps restés dans une précarité juridique génératrice de conflits et de spéculations.
Une efficacité administrative retrouvée
Cette accélération historique repose sur une synergie entre les acteurs clés du secteur. En effet, sous l’impulsion de la politique de refondation voulue par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC) a traité 4 000 dossiers en moins de 30 jours. Parallèlement, la Société nationale immobilière (SNI) a transmis 1 224 dossiers destinés à régulariser la situation de familles installées sur son patrimoine.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : alors qu’en 121 ans, le Gabon n’a délivré que 33 000 titres (soit 273 par an), ce nouveau lot de 5 224 dossiers traités en un seul mois marque une rupture radicale avec les lenteurs du passé.
Cap sur les 50 000 titres
Pour le ministre Mays Mouissi, ce n’est qu’un début. « Notre objectif est d’atteindre les 50 000 dossiers. À ce jour, 10 % du cap sont remplis et nous visons 5 000 dossiers supplémentaires sous 30 jours », a-t-il affirmé.
Cette dynamique vise à restaurer la confiance des citoyens envers une administration foncière souvent associée, par le passé, à l’opacité et à la corruption. En impliquant directement la direction générale des Impôts et la Conservation foncière, le gouvernement entend sécuriser l’ensemble de la chaîne de production.
Le défi de la pérennité
Si le bond en avant est indéniable, le plus dur reste à faire : maintenir cette cadence sur le long terme. Dans un pays où les effets d’annonce sont accueillis avec prudence, la réussite de cette réforme se mesurera à la capacité de l’État à transformer durablement ces décisions de cession en titres définitifs, loin des « vieux démons » du foncier gabonais.

