Après un mois de grève intense qui a gelé le système éducatif gabonais, une lueur d’espoir est apparue ce 4 février. L’Assemblée nationale, sous l’égide de son président Michel Régis Onanga Ndiaye, a ouvert un canal de médiation inédit avec le collectif « SOS Education La Base », marquant un tournant décisif dans ce conflit social.
Le bras de fer qui oppose les enseignants au gouvernement depuis le 5 janvier 2026 semble enfin s’orienter vers un dénouement. Alors que la fin de l’année scolaire a été repoussée au 31 juillet pour compenser le temps perdu, l’intervention du Parlement ce 4 février insuffle un souffle nouveau au dialogue social.
Le Parlement en médiateur de dernier recours
Recevant une délégation du Collectif « SOS Education La Base », le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, a fermement réaffirmé la neutralité et l’engagement de l’institution. « Notre Institution ne peut rester indifférente face à cette crise qui touche l’avenir de nos enfants. Le dialogue reste la voie privilégiée pour trouver des solutions durables», a-t-il déclaré, entouré des membres du bureau.
Cette démarche parlementaire vise à désamorcer une situation devenue explosive, marquée notamment par l’interpellation en janvier de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, deux figures syndicales de premier plan. Pour les députés, l’enjeu est clair : transformer la reprise « timide » observée dans certains établissements en un retour définitif et serein à la normale.
Une reconnaissance inédite pour les enseignants
Pour les représentants du collectif, cette main tendue est perçue comme un geste de respect longtemps attendu. Hubert Boucka, porte-parole du collectif, n’a pas caché son émotion : «C’est la première fois que nous sommes convoqués par une institution pour être réellement écoutés. Ce geste nous touche profondément et redonne confiance aux enseignants. »
De son côté, le leader syndical Marcel Libama, invité spécial de cette rencontre, a plaidé pour la définition de bases « concertées », essentielles à la refondation de l’école gabonaise.

L’espoir d’une paix sociale durable
Si la reprise des cours reste progressive, l’image du Palais Léon Mba s’ouvrant aux partenaires sociaux renforce la crédibilité du Parlement comme arbitre national. Pour les parents d’élèves, dont l’inquiétude grandit à mesure que les semaines passent, cette audience est le signal d’un possible retour à la stabilité.
L’enjeu des prochains jours sera de traduire ces échanges en actes concrets, afin que le dialogue entamé ne soit pas une simple parenthèse, mais le socle d’une réforme profonde du système éducatif gabonais.