Pour la première fois depuis son accession au pouvoir, Brice Clotaire Oligui Nguema fait face à une vague de mouvements d’humeur. Ce signal est clair : fini l’état de grâce. Le pays est revenu à la réalité brute de la gouvernance quotidienne, à l’épreuve des revendications sociales, à la pression légitime des agents publics. Disons-le tout net : les revendications sont loin d’être un désaveu contre le président de la République mais une manifestation de la misère dans laquelle les Gabonais sont plongés depuis bien des années, nonobstant un environnement potentiellement riche.
Aujourd’hui, chaque Gabonais réclame son mieux-être. Rien de plus normal dans un pays immensément riche. Il suffit d’observer le parc automobile de certaines administrations, constitué de véhicules de luxe à plus de 100 millions de FCFA l’unité, ou l’ascension fulgurante de certains responsables fraîchement nommés, bâtissant en quelques mois des villas somptueuses. Une preuve manifeste que le Gabon a de l’argent. Le vrai problème, c’est qu’il est accaparé par une minorité cupide, loin des besoins du plus grand nombre.
La direction que prend notre pays
La grève des enseignants, qui entre dans sa cinquième semaine, annonce d’autres secousses sociales dans d’autres secteurs. Face à cette colère sourde, le silence présidentiel n’est plus une option. Il est temps de s’interroger collectivement sur la direction que prend notre pays. Depuis l’indépendance, une élite dirigeante a dilapidé les ressources publiques par un enrichissement personnel outrancier. Le scandale des Biens mal acquis sous Omar Bongo Ondimba, puis le procès Bongo-Valentin, ont confirmé la confiscation de la richesse nationale par une poignée d’individus, laissant le peuple dans une précarité extrême.
Héritier de ce lourd passé, Oligui Nguema doit assumer la continuité de l’État et apporter des réponses claires à court, moyen et long terme. Le 30 août 2023, les Gabonais ont cru au soleil de l’espérance. Ils y croient toujours. Fidèle à son ADN, avec un bec acéré mais le cœur tendre, chaque enfant de cette Nation espère sa part « du gâteau » (Dixit Marc Ona Essangui).
Parler aux enseignants, poumon de l’avenir
Le président Oligui Nguema ne peut plus se contenter de recevoir quelques acteurs syndicaux au palais. Il doit parler à la Nation. Parler aux enseignants, poumon de l’avenir. Décréter ce septennat comme celui de l’éducation, consacrer 70 % de la RSE à ce secteur stratégique. Car jamais la confiance n’a été rompue entre lui et le peuple. En aucun moment, le peuple n’a rejeté le président de la République. Il lui met devant son serment : « Servir, protéger et unir…Les Gabonais ». En veillant notamment à leur bien-être. Nous y sommes !
Dans un monde secoué par les incertitudes (le monde redessiné par Trump), des guerres et des bouleversements géopolitiques (Iran, Ukraine-Russie, Liban-Israël…), la grandeur d’un chef se mesure à sa capacité à se lever, dialoguer et rassurer. C’est là que le Gabon attend Brice Clotaire Oligui Nguema.