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    Rentrée du SYNAMAG : « Nous ne laisserons passer aucune injustice individuelle, ni recul social déguisé »

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    C’est l’une des décisions fortes édictées par le président du Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG), Landry Abaga Essono, à l’occasion de la rentrée solennelle de l’année syndicale 2025-2026, le vendredi dernier.

    La rentrée solennelle du Syndicat national des magistrats du Gabon, pour l’année 2025-2026, le 29 janvier dernier au Palais de justice de Libreville, a eu plusieurs moments forts. D’abord la lecture du bilan moral de l’année 2024-2025, faisant suite à la délivrance du récépissé du 27 janvier 2025 par la Mairie de Libreville, conformément à la loi fixant les conditions de constitution et de fonctionnement des organisations syndicales des agents de l’État.

    Outre cette reconnaissance officielle, le Bureau exécutif du Synamag s’est doté d’un compte bancaire, « afin, non seulement d’assurer une gestion orthodoxe des ressources financières du syndicat, mais aussi pour se conformer aux exigences des partenaires au développement et des organisations internationales, telle que l’Union internationale des magistrats (UIM) à laquelle nous sommes affiliés », a déclaré le Secrétaire général, Harnac Claver Mbélé.

    Au niveau international, le Synamag était menacé d’exclusion des instances de l’UIM, en raison d’arriérés de cotisations et d’une absence prolongée aux réunions du Groupe régional africain. Le bureau exécutif a régularisé cette situation en s’acquittant de sa dette et en participant au dernier congrès annuel du Groupe régional africain de l’UIM, tenu à Rabat, au Maroc, en mai 2025.

    Retour sur les luttes sociales

    Concernant la défense des intérêts matériels et moraux, le Bureau exécutif sortant avait obtenu des autorités de la Transition, au lendemain du « coup de libération » d’août 2023, la promulgation de la loi n°40/2023 portant Statut des magistrats. Cependant, « l’Assemblée générale du 13 janvier 2025 a décidé du retour à la grève générale illimitée. Celle-ci a duré trois mois, jusqu’en mars 2025, marquée par la rupture du dialogue entre le syndicat et le ministère de la Justice », a rappelé M. Mbélé.

    Face à ce blocage, le président de la République, par ailleurs président du Conseil supérieur de la magistrature, a instruit le ministre de la Justice de recourir au Médiateur de la République dont l’intervention, ainsi que celle du « président de la Cour constitutionnelle de la Transition, et au regard du contexte politique marqué par l’organisation de l’élection présidentielle, les magistrats ont décidé de suspendre le mouvement le 25 mars 2025 », a-t-il ajouté.  Un compromis a finalement été trouvé sur l’indemnité de judicature, fixée à 500 000 FCFA.

    Cet accord a fait l’objet d’une audience accordée par le chef de l’État au Bureau exécutif, le 5 juillet 2025.

    Plaidoyer pour l’indépendance de la justice

    En ouvrant les travaux, Landry Abaga Essono a fustigé un fait : « Depuis la Transition, nous vivons un paradoxe. Jamais l’État de droit n’a été autant invoqué, et pourtant, jamais ses fondations n’ont semblé aussi fragiles. Au cœur de cette fragilité se trouve une lutte silencieuse mais féroce : celle de l’indépendance de la justice. »

     Il a martelé que cette indépendance ne doit être ni « muette », ni « asservie », rappelant qu’elle n’est pas un « privilège de caste ». Citant Montesquieu, il a souligné : « Il n’y a point encore de liberté si la puissance de juger n’est séparée de la puissance législative et de l’exécutrice. »

    Le président du SYNAMAG a également dénoncé l’instabilité législative « dictée par l’émotion politique du moment », qui transforme le juge en simple exécutant et l’empêche de bâtir une jurisprudence stable.

    Enfin, regrettant le « dialogue de sourds » entre la justice et le citoyen, il a conclu : « Nous parlons de conclusions, de dépens, de non-lieu. Mais le citoyen, lui, vient nous parler de sa vie, de sa peur, de ses enfants, de son emploi. »

    Reconnaissant que l’année fut rude, Landry Abaga Essono a salué la résilience de ses collègues face à des vents contraires qui « ne donnaient pas cher de notre peau. »

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