Après trois semaines de bras de fer et des établissements désertés, le gouvernement abat sa dernière carte en convoquant une table ronde inclusive pour arracher un accord et sauver ce qui peut encore l’être.
L’école gabonaise est à l’arrêt depuis le 5 janvier 2026. À l’appel du collectif SOS Éducation, les portes des établissements sont restées closes, plongeant les familles dans une angoisse croissante. Malgré la signature d’un premier protocole d’accord, la crise s’est enlisée face à la détermination de la branche « La Base ». Ce mouvement dissident, devenu majoritaire sur le terrain, a fustigé des avancées jugées insuffisantes et a officiellement reconduit la grève le samedi 24 janvier, douchant les espoirs d’une reprise immédiate des cours.
Face à la menace imminente d’une année blanche, le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, a repris l’initiative ce lundi 26 janvier. En réunissant pour la première fois l’ensemble des composantes du mouvement, y compris les leaders de « La Base », l’exécutif tente de briser le mur de méfiance. Cette rencontre s’inscrit dans la volonté de dialogue prônée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et s’est déroulée en présence de la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq, de la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, et du Ministre délégué au Budget, Marc Abéghé.

Une médiation inclusive pour sortir de l’ornière
Les discussions au sein de la commission interministérielle tripartite visent désormais un point d’équilibre complexe. Il s’agit pour le gouvernement de proposer des solutions concrètes et durables qui respectent les capacités financières de l’État, tout en offrant des garanties suffisamment fortes pour restaurer la confiance du monde enseignant. Pour les représentants nationaux et provinciaux de SOS Éducation, l’enjeu est d’obtenir des engagements clairs, réalistes et surtout acceptés par les syndiqués de terrain avant d’envisager tout retour dans les salles de classe.
Le temps presse et chaque jour de fermeture hypothèque un peu plus l’avenir des élèves. Cette nouvelle médiation ne peut se permettre d’être un énième round sans lendemain. L’opinion publique, à bout de nerfs, attend désormais un protocole d’accord définitif, crédible et capable de mettre fin à cette paralysie. L’école gabonaise ne peut plus attendre : il faut sauver l’année scolaire, et le succès de ce dialogue est désormais la seule issue possible avant le point de non-retour.
