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    Interpellation de Roland Olouba Oyabi par le B2 : des méthodes qui interrogent le droit

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    L’interpellation de Roland Olouba Oyabi, directeur de publication du site Gabon Mail Infos (GMI), suscite une vive émotion et une série d’interrogations légitimes au sein de la presse nationale. Les circonstances de son interpellation ce jeudi 15 janvier 2026, à la Station total à Awendjé, interpellent par leur caractère inhabituel.

    Tout semble indiquer qu’un véritable guet-apens a été tendu au journaliste : après avoir été attiré sur les lieux par un mystérieux appel lui donnant rendez-vous, il a été cueilli par des agents de la Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire (DGCISM) dès qu’il a confirmé sa présence sur place.

    Pour un professionnel dont le domicile et les activités sont notoirement connus de tous, un tel déploiement de force doublé d’une ruse indigne de dépositaires de l’autorité de l’Etat pour son interpellation pose question. Dans un État soucieux des procédures administratives, il aurait sans doute suffi de lui adresser une convocation formelle mentionnant le motif de l’audition. Le journaliste se serait alors tranquillement rendu dans l’unité de police judiciaire concernée. Au lieu de cela, le recours à un dispositif d’interpellation directe dans l’espace public, digne d’une arrestation pour grand banditisme, est perçu par beaucoup comme une méthode excessive, traitant un patron de presse comme s’il s’agissait d’un vulgaire délinquant.

    La question de la compétence judiciaire en débat

    Au-delà de la forme, c’est le cadre juridique de cette détention qui pose question. Le Gabon ayant consacré la dépénalisation des délits de presse, un principe fondamental s’impose : si les faits reprochés s’inscrivent dans l’exercice de son métier de journaliste, l’intéressé n’a rien à faire dans une unité de police judiciaire, et encore moins dans un service de sécurité militaire comme la DGCISM, couramment appelée B2. Ce type de dossier relève normalement de la régulation ou de juridictions civiles, loin des cellules des services de renseignement.

    Ce durcissement de ton vis-à-vis d’un acteur des médias intervient à un moment délicat. Alors que le Gabon s’apprête à recevoir la Conférence internationale de la presse francophone, cet incident tombe très mal pour l’image de marque du pays et pour le message de sérénité que les autorités souhaitent envoyer à la communauté médiatique internationale.

    Dans l’attente d’une clarification

    Le témoignage d’un confrère, présent lors de l’interpellation et libéré quelques heures plus tard, confirme qu’aucune raison officielle n’a été communiquée au moment de l’acte. Si certains font le lien avec une convocation devant la Haute Autorité de la Communication (HAC) concernant un article sur le secteur de l’éducation, le flou persiste sur les intentions réelles des services de sécurité.

    Dans ce contexte empreint d’incertitude, la corporation reste attentive. Pour l’heure, on attend d’en savoir un peu plus sur les motifs de l’interpellation afin de déterminer si les droits fondamentaux de Roland Olouba Oyabi ont été pleinement respectés dans cette épreuve.

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