La Place du cinquantenaire de Bamako s’apprête à vibrer au rythme de la 11ème édition du Festival Culturel Ogobagna. Lors d’une conférence de presse organisée le samedi 10 janvier dans la capitale malienne, le Professeur Pierre Adegné Dolo, président de la commission d’organisation, a officiellement lancé les festivités qui se dérouleront du 26 janvier au 1er février prochain.
Né en 2015 sous l’impulsion de l’association « Ginna Dogon », cet événement s’est imposé en une décennie comme un pilier incontournable du paysage culturel national, avec l’ambition affirmée de placer la culture au sommet de l’agenda de la refondation de l’État.
Pour ce nouveau cru, la thématique choisie, « Cultures du Mali : dialogue, créativité, résilience pour un développement durable », traduit une volonté de dépasser la simple célébration folklorique. Selon le Pr Dolo, il ne s’agit pas seulement de célébrer le passé, mais de mobiliser les savoirs endogènes pour répondre aux défis contemporains.
Le président de la commission d’organisation insiste sur la dimension sociale de l’événement. « Il s’agit de réinventer le vivre-ensemble à travers la parenté à plaisanterie, les rituels et la chefferie coutumière face aux enjeux environnementaux et sécuritaires », a-t-il déclaré devant les médias.
Les Bozos, maîtres du fleuve, à l’honneur cette année
Le festival se conçoit désormais comme un véritable laboratoire d’idées où universitaires et professionnels débattront de la contribution de la culture à la refondation de la gouvernance publique au Mali. Cette quête de sens s’accompagne d’une tradition d’ouverture immuable. Chaque année, Ogobagna invite une communauté spécifique à co-organiser les réjouissances.
Après avoir mis à l’honneur les Tamasheks, les Peulhs ou encore les Soninkés, le festival braque cette année ses projecteurs sur les Bozos. Ce choix des « maîtres du fleuve » souligne une volonté de célébrer la diversité ethnique comme un moteur de cohésion plutôt qu’un facteur de division.
L’ampleur de cette 11ème édition se reflète également dans les chiffres de fréquentation, les organisateurs espérant accueillir environ 30 000 visiteurs. Sur le terrain, l’immersion sera totale pour le public qui pourra admirer les célèbres parades de masques et les tournois de lutte traditionnelle.
Fidèle à l’identité de ses invités d’honneur, cette édition proposera une spécificité nautique de taille avec des courses de pirogues sur le fleuve Niger. Ces activités phares illustrent la vitalité d’un patrimoine qui, loin d’être figé, continue d’irriguer la résilience de la nation.
