Depuis quarante-huit heures, la circulation de vidéos montrant le train voyageur de la Setrag en difficulté lors de son trajet vers Franceville suscite de vives réactions sur les plateformes numériques. Entre les marques d’impatience, les critiques nourries adressées à la compagnie et les interprétations parfois approximatives, le climat social s’est trouvé alourdi par une polémique dépassant la réalité des faits constatés sur le terrain.
Toutefois, les précisions apportées par une source proche de la direction générale de la Setrag permettent de rétablir la chronologie des événements. Le convoi parti d’Owendo le jeudi 25 décembre a été victime d’un décrochage d’attelage entre les gares de Lifouta et de Mboungoubadouma.
Cet incident technique n’a fort heureusement entraîné aucune conséquence grave. La sécurité des passagers a été préservée grâce au système de freinage automatique dont sont équipés tous les wagons. Ce dispositif de sécurité a permis à la rame de s’immobiliser d’elle-même dès la rupture de la liaison avec la locomotive, écartant ainsi tout scénario critique.
Une défaillance technique sous contrôle
L’origine de cet événement est désormais clairement identifié. À la suite d’une défaillance sur la locomotive initialement prévue pour le service voyageurs, une unité de traction habituellement dédiée au transport de marchandises a été mobilisée en remplacement. Ce matériel a assuré la liaison sans encombre sur une distance de 587 kilomètres. C’est au passage d’une zone présentant un défaut de géométrie de la voie que la différence de hauteur entre les systèmes d’attelage de la locomotive et du premier wagon a provoqué le désengagement du mécanisme.
Cette situation, bien que regrettable, n’a engendré aucun dommage humain ou matériel. Une fois l’attelage rétabli par les équipes techniques, le train a pu poursuivre son itinéraire jusqu’au terminus de Franceville, permettant le débarquement des voyageurs en toute sécurité. Afin de prévenir la récurrence de tels faits, la commission sécurité ferroviaire de la Setrag a ouvert une enquête interne pour analyser les causes profondes de ce dysfonctionnement et ajuster les protocoles d’exploitation.
Cet incident souligne l’efficacité des mesures de sécurité passives de la compagnie. Alors que le rail gabonais transporte annuellement environ 330 000 passagers et dessert cinq provinces, la Setrag réaffirme que la protection des usagers demeure sa priorité absolue. Les dispositions mécaniques et de surveillance sont continuellement renforcées pour garantir la sérénité des voyages sur l’ensemble du réseau Transgabonais.
