Le conseiller municipal de Franceville, Sinclair Agnossi, bien connu sous le pseudonyme Okoulou le Général, a pris la plume pour interpeller publiquement Marcel Libama. Dans une lettre ouverte au ton direct, l’élu fustige une dérive du mouvement social vers des règlements de comptes personnels, tout en appelant à un retour à l’essentiel pour le système éducatif gabonais.
L’auteur de la missive commence par un constat sévère sur le passage de son aîné au palais Léon Mba. « Pendant deux années passées à l’Assemblée nationale, je ne t’ai pas vu mener un combat réel et constant pour l’Éducation nationale », lance-t-il, déplorant l’absence de leadership sur cette question cruciale malgré le statut de député de la transition de son destinataire.
Si l’élu local concède sans détour que les revendications des enseignants, qui suspendent actuellement les cours sur le territoire, sont fondées, il rejette la méthode employée. Pour lui, le mouvement est pollué par une « récupération politique » et des rancœurs individuelles. « Je vois certains régler des comptes personnels », écrit-il, s’interrogeant sur la pertinence des débats portant sur les décorations des uns ou des autres. Il affirme avec force que « ce genre de discours affaiblit la lutte ».
La critique porte également sur la sincérité de l’engagement syndical actuel. Sinclair Agnossi estime que le mélange des genres entre syndicalisme et ambitions politiques est une impasse. « Ce n’est ni honnête, ni stratégique, ni bénéfique pour l’Éducation nationale », tranche-t-il, ajoutant que « la frustration personnelle ne doit jamais prendre en otage une cause collective ».
Face à ce qu’il qualifie de « chantage social », le conseiller municipal oppose l’attitude de la ministre de tutelle. Évoquant une correspondance récente avec Camélia Ntoutoume, il dit avoir décelé chez elle « l’humilité, la volonté de la négociation à ramener le débat à l’essentiel pour l’intérêt général ». Une posture qui contraste, selon lui, avec l’attitude de certains syndicalistes cherchant à « tirer profit de la situation ».
En guise d’avertissement, Sinclair Agnossi redoute que cette instabilité ne crée une « brèche dangereuse » visant à mettre l’État à genoux. S’il réaffirme que « les enseignants méritent justice », il conclut en demandant que le Gabon cesse d’être la victime de « calculs ou des frustrations déguisées en combat social ».


